Comprendre la différence : aliment brut, transformé, ultra-transformé
Avant toute chose, il est essentiel de faire la distinction entre transformation et ultra-transformation. Transformer un aliment n’a rien de mauvais en soi : c’est même ce qui a permis à l’humanité de se nourrir, de conserver, de cuire et de diversifier son alimentation.
- Les aliments bruts
Ce sont les produits naturels non modifiés ou très peu modifiés : fruits, légumes, œufs, poissons, légumineuses, céréales complètes. Leur composition reste proche de l’état d’origine². - Les aliments transformés
Ils ont subi une modification physique ou chimique simple (cuisson, fermentation, pasteurisation, surgélation…). Leur structure reste globalement intacte et leurs ingrédients facilement identifiables : pain artisanal, fromages, conserves de légumes, compotes sans sucre ajouté³. - Les aliments ultra-transformés (AUT)
C’est ici que le problème se pose. Selon la classification NOVA (utilisée par l’OMS), les AUT contiennent plus de cinq ingrédients et des additifs conçus pour imiter le goût, la texture ou la couleur d’aliments naturels : arômes, exhausteurs de goût, édulcorants, émulsifiants, colorants⁴.
Ces procédés industriels ont souvent pour but d’augmenter la durée de conservation, la palatabilité et la rentabilité… au détriment de la qualité nutritionnelle et écologique⁵.
Quand la transformation dénature l’aliment
Les études convergent : plus un aliment est transformé, moins il ressemble à ce que notre corps attend. Les aliments ultra-transformés sont souvent riches en sucres ajoutés, graisses raffinées, sel et additifs, mais pauvres en fibres, vitamines et micronutriments essentiels⁶.
Le CNRS résume ce paradoxe : “ce ne sont pas seulement les calories qui comptent, mais la manière dont elles sont structurées”¹. La matrice alimentaire, c’est-à-dire l’organisation naturelle des nutriments dans un aliment, joue un rôle fondamental dans la satiété, la digestion et la réponse métabolique. Or, dans les produits ultra-transformés, cette matrice est souvent détruite : les nutriments sont isolés, recombinés, retexturés, ce qui perturbe la régulation de l’appétit et favorise une surconsommation automatique⁷.