Le microbiote, cet organe oublié au service du mouvement
Notre intestin abrite près de 100 000 milliards de micro-organismes, soit dix fois plus que le nombre de cellules humaines. Ensemble, ces bactéries, levures et archées forment une véritable usine métabolique : elles digèrent les fibres, synthétisent des vitamines, régulent l’immunité et communiquent en permanence avec notre cerveau via l’axe intestin-cerveau³.
Mais leur rôle ne s’arrête pas là. Des études récentes montrent que le microbiote des athlètes se distingue par sa diversité et son efficacité métabolique : il transforme mieux les substrats énergétiques et favorise l’endurance⁴. Cette signature microbienne particulière résulte d’une alimentation riche en fibres, en polyphénols et en produits fermentés, mais aussi de l’exercice lui même, qui stimule la croissance de certaines espèces bénéfiques⁵.
De l’intestin au muscle : une relation énergétique insoupçonnée
En 2019, une équipe de la Harvard Medical School a identifié une bactérie fascinante, Veillonella atypica, présente en quantité accrue dans le microbiote des marathoniens après une course. Cette bactérie est capable de transformer l’acide lactique produit par l’effort en propionate, un acide gras à chaîne courte rapidement utilisé par les muscles comme source d’énergie⁶. Autrement dit, plus nous courons, plus notre microbiote recycle notre fatigue en carburant.
Cette symbiose illustre parfaitement le concept de “microbiotic fuel” : une énergie produite par nos bactéries à partir de nos propres déchets métaboliques. Ce mécanisme ouvre des perspectives passionnantes pour la nutrition sportive et la récupération post-effort⁶ ⁷.
Le microbiote influence par ailleurs la fonction musculaire et la biodisponibilité des nutriments essentiels : un microbiote appauvri peut réduire la synthèse protéique et compromettre la force musculaire⁸.